samedi 13 août 2011

J7 : le 13. 08: Laspuna – Bénasque (D+2000, D- 1600, compteur HS)

Le parcours du jour:
La trace est par la:
TransPyr2011 - Jour 7
Trace VTTtrack (cartes espagnoles IDEE)
2000m D+
1600m D-
Compteur HS

Le recit:
Moments forts : Le retour en montagne, c’est la journée des mouches avec l’orage qui se prépare tout au long de la journée et qui tombera le soir.
2 fantastiques descentes.
La satisfaction d'avoir fait la moitié du parcours

Après un début de nuit très chaud, duvet inutile, on poursuit le sentier du GR19 jusqu’au hameau de Badain en prenant le rythme des 2 vaches que l’on suit sur ce sentier étroit.

Typique bouchon de vaches aragonaises

Le sentier est bien roulant par la suite dans une fraîcheur matinale et au bord de l’eau. A Badain, nous optons pour le GR15 qui monte d’abord en portage puis en traversée roulante, toujours dans une certaine fraicheur, cela change de la veille. On attrape une piste puis le col Mataire à 1320m, on suit le GR15 qui est aussi un itinéraire hippique.

Le beau sentier roulant à plat vers Badain

La descente s’amorce à partir du mirador sur le village de Saravillo. Tantôt technique avec un passage ressemblant au départ de la madone d’utelle, tantôt roulant sous les pins, c’est une belle trouvaille pour commencer la journée (mieux que la route qui contourne notre passage).


Vue depuis le Collado de San Miguel (comme la biere)

Collado de San Miguel


La descente vers Saravillo se présente bien...


ça continue bien...


et ça finit encore mieux


Le village est bien animé, le camion du pain arrive à coup de klaxon, il y a la fête ce soir nous dit un habitant mais nous serons plus haut, du moins nous l’espérons.


Saravillo, la place centrale

On poursuit par la route qui entre dans des gorges étroites bordées de falaises verdonesques.


et oui, parfois il faut faire des bouts de route

On passe des tunnels, verra t-on le bout ?



Contournement du Lac de Plan par la rive gauche en pistes et sentiers, on arrive au pied du col de Sahun à 1100m, il est 12h00. Rapide casse croute pour ne pas s’arreter en chemin et nous partons pour 800m de piste, du moins c’est ce qu’indiquait la carte mais une erreur d’altitude nous rajouta 100m d’interminable piste parmi des 4x4 roulant à vive allure, y a vraiment des gros C…parmi eux ! Le mental en prend un coup, le col est à 2000m et non à 1905m. On a vraiment mal au cul, ça nous oblige à pousser par 4 fois le VTT pour ventiler l’arriere train. Heureusement que l’orage en formation nous permet de monter sans crever de chaud.


Puerto de Sahun

Pour la descente, nous croisons 4 locaux sur des VTT flambants qui descendent par la piste sur Bénasque. Mais Sergi a identifié sur la carte un single qui promet, tout en traversée, il ne semble par caler dré dans le pentu, on tente. 100m de piste pour atteindre la cabane de barbari puis c’est 700m rentabilisés par des traversées « les balcons de Sahun », des virolos, du trialisant, un régal pour le VDM, même les courtes remontées passent sur le VTT.


Piste qui nous mène vers les "Balcons de Sahun"


Début des "Balcons de Sahun"

Balcons de Sahun, une belle trouvaille







La theorie des chapelles se confirme,
les bons sentiers passent toujours par des sites religieux

Nous passons de Sahun, petit village tout de pierre, à Eriste par une piste puis Bénasque par la route. Il est 16h, le dénivelé effectué n’a pas été fatiguant. Cela nous permet de buller, refaire les stocks en crème solaire, en gaz (le butagaz n’est pas vendu dans les shops spécialisés comme Barrabès !). L’orage gronde et s’abat violement sur la ville, nous nous réfugions sous le porche du supermercado puis au restau La Bardanca pour 20h (avant ils ne servent pas). Menu à 12E eau et vin compris comme l’entrée, plat et dessert ! La pluie s’est arrêtée et nous autorise à poser la tente dans un pré à l’entrée de Bénasque, ce sera humide mais on dormira bien.


Alors qu'à l'extérieur il tombe des cordes, nous nous cassons le ventre

vendredi 12 août 2011

J6 : le 12.08 : Bujaruelo – Laspuna (D+ 1500m, D- 2700m, 56km).

Le parcours du jour:
La trace est par la:
TransPyr2011 - Jour 6
Trace VTTtrack (cartes espagnoles IDEE)

1500m D+
2700m D-
56km

Le recit:
Moments forts : journée du tourisme sur piste et route dans le parc d’Ordessa et ses 3 canyons. Les vaches et leurs cloches toute la nuit.
La longue et haute piste.
La gorge asséchée par manque d’eau sur le parcours.
La baignade finale.

La pleine lune a veillé sur nous comme les 6 vaches qui ont brouté toute la nuit à côté de la tente. Il faut savoir qu’une vache ne dort pas ou si peu entre 3h et 5h du mat’, le reste du temps elle joue de la cloche à chaque bouchée d’herbe. Les bouses aurait dû nous alerter…on dormira mieux le lendemain. Mais dès que je rentre, je bouffe un bon gros steak !


Une de nos invitees de la nuit

Départ de notre bivouac privilégié après avoir « intimé » avec les vaches, merci les boules Quies qui ont plus servi pour les cloches que pour les ronflements de Sergi. On continue notre portage négatif pour atteindre la valle del Ara qui roule moins bien qu’on croyait (à 80% mais avec quelques remontées). Des randonneurs hébétés nous croisent ; ils sont partis à 4h du mat’ pour l’ascension du Vignemale avec piolet et crampons. Tous disent « valiente » (courageux). Faut l’être pour cette descente du genre ascencionnelle. Heureusement que le sentier est arrosé de cette lumière matinale et rasante libérant une odeur envoûtante, le parfum des sirènes de la montagne, il doit y en avoir dans les lacs ?!


Rituel du matin, jetter les vieilles cartes... reprendre les suivantes


Traversee de riviere pour bien se reveiller


Vallee d'Ara au petit matin


Vallee d'Ara


Vallee d'Ara

A Bujaruelo, il fait déjà faim mais pas de supermercado, j’entame les réserves de nougat. Ce hameau : un camping et un bar, est un haut lieu de tourisme accessible par une piste bien poussiéreuse qu’on va descendre tandis que beauoup de voitures monteront. On ne tente pas le sentier qui semble trop rocailleux, nous aurions dû… petit single avant de prendre la piste pour 1200m de D+ dont on voit son arrivée au col. Impressionnées, mes fesses se contractent !



Il est 11h30, les 500 premiers mètres sur le 22x34, voir à pied, c’est raide mais cela à l’avantage de monter rapidement. Sergi peine car il crève la dalle, faut profiter du peu d’ombre qu’il reste sur cette face Ouest. Les 500 mètres suivant sont plus cool, on met la plaque, comprendre le plateau de 32 car le 44 a été viré depuis longtemps pour gagner 85grs. Pause déj à 13h15, on dévore au mirador del rey d’où l’on peut admirer le canyon d’Ordessa et son « croissant ».


La montee valait la coup

Montée rapide mais l’air est chaud, sec et nos réserves d’eau s’épuisent. On traverse le désert sur les crêtes à 2200m où chaque remontée nous assèche davantage. On prends le temps des photos à chaque point de vue tout de même : mont perdu, brèche de Roland et tout ce monde minéral, on imagine le cirque de Gavarnie derrière ces murailles.

La pistasse avec les points de vue


Quelle vue !





On imagine aussi que les fuentes débordent d’eau mais c’est un mirage, on est sec, on file sur Nérin par la piste (on a pris la 1ère coupe par le sentier mais on laisse 2 possibilités de sentier). En sens inverse, un groupe de vététistes dont des enfants : chapeau par cette chaleur et sans air. Le Bar du Palazzo et une « clara » nous sauvent (25cl pression/25cl fanta). Camels remplis à ras bord, on poursuit sur Sercué par le gr15, sentier de caillou gris et cassant, en traversée descendante par une chaleur écrasante digne de l’esteron en Aout.


Traversee vers Sercue


Traversee vers Sercue

Puis on retrouve le vallon d’anisclo par un sentier étroit tout en épingle, un chemin du paradis ordésiens qu’il faut faire à pied puisque c’est le parc ! On retrouve beaucoup de touriste dans la gorge principale puis on rejoint la route qui est en sens unique (mais pas dans notre sens). On se laisse glisser sur la route ombragé et fraiche du rio bellos : nous avons fait le triptyque d’Ordessa en contournant le parc par le sud : c’est une bonne option même s’il y a peu de sentiers.


Vallon d'anisclo


Descente vers Laspuna par la route, mais en sens interdit !

Arrêt en ville sous Laspunas pour les courses quotidiennes, il fait très chaud. On repart à 18h30 et je crève en roulant sur la route, un gros clou sûrement, une chambre et ça repart sur le Gr 19 qui longe la rivière. Quelque km et on décide d’établir le bivouac sur la rive afin de gouter aux joies de la baignade tant désirée aujourd’hui. Il est 19h50, on est à 700m d’altitude près d’une route passante alors qu’on s’est levé au pied du Vignemale : c’est un des contraste qui m’aura le plus marqué durant cette traversée : l’alternance des plateaux et des montagnes.




Bain bien meritee dans la riviere

jeudi 11 août 2011

J5 : le 11.08 : Canfranc – Bujaruelo (au dessus à 2000m) (D+ 2300m, D- 1550m)

Le parcours du jour:
La trace est par la:
TransPyr2011 - Jour5
Trace VTTtrack (cartes espagnoles IDEE)

2300m D+
1550m D-
Compteur HS

Le recit:
C’est la journée du portage !
Départ 8h30, un exploit. Je suis de plus en plus rapide à faire mon sac et à équiper mon VTT avec le tapis de sol. Ce dernier va être très utile aujourd’hui car il me sert de coussin quand je porte. Piste pour l’échauffement et course poursuite avec 4 randonneurs sur le sentier qui suit, ça roule encore puis ça pousse dans le vallon assez large et ses pâturages à vaches. Puis ça porte longuement dans les 400 derniers mètres qui nous mènent au lac d’Anayet. Il faut se
« mentaliser » dans le jargon de Sergi.


En montant dans la Canal Roya


La rinconada, au fond le portage qui amene au lac


Premier gros portage de la journee


Vue depuis le col vers la Canal Roya qu'on vient de remonter

2h30 pour monter les 800m et prendre en photo les 2 isards (c’est vrai qu’ils sont différents des chamois par leur couleur plus châtain ainsi que la forme de la tête).


L'isard le roi des Pyrenees

Là haut, le lac d’Anayet ressemble à une piscine à débordement dans laquelle vient se refléter le Pic du Midi d’Ossau et son sommet bifide caractéristique, haut lieu de l’alpinisme local. Un randonneur se baigne déjà puis il s’essaye au portage de mon VTT pour ressentir l’effort précédent.





Le Midi d'Osseau depuis le Lac d'Anayet


Avec des paysages come ca, on oublie vite les portages

Séance photo puis descente rusée pour éviter les randonneurs qui montent par « la normale » du GR11 : on traverse sous la sierra de anayet au nord puis on descend jusqu’au parking de la mina rosario : ça passe bien si on évite de longer la route à la fin par les sentiers à vache. C’est fou ce pastoralisme mais ça fait pas descendre le prix du fromage qui reste en moyenne à 17E /kg.


Descente vers Sallent








Encore des beaux sentiers, mais on finit sur la station de ski de Formigal


Parfois il y a des trous caches sous l'herbe

La suite n’est pas intéressante vététistiquement : descente à Sallent en coupant par un sentier puis route en contournant le lac par Lanuzza. On descend beaucoup, par la route, il fait chaud puis nous remontons péniblement à Banos de Panticosa …par les 11km route. La station thermale est ce qu’on peut faire de pire en intégration au paysage, des parkings sur plusieurs étages cotoient les 3000m du pic de l’inferneto. On s’échappe vite par le Gr11 jusqu’au Cuello alto del Brazato à 2578m.


Montee vers Brazato, deuxieme gros portage de la journee

Des randonneurs se prétendant « fous » s’inclinent en nous voyant porter. Effectivement c’est un sentiers de fou, où il faut enjamber les blocs, grimper avec les mains parfois.


Et encore du portage...

Un court roulage au dessus du lac, vidé pour réfection du barrage, nous a fait espérer mais en vain, la traversée finale est un calvaire. Nous sommes des Sisyphes du VDM, monter-descendre-monter son VTT toujours.


Un peu de poussette pour reposer le dors

Passage delicat avant le col

Au col, enfin, la vision du Vignemale (plus haut sommet des Pyrénées françaises) qui s’embrase avec la lumière du couché du soleil nous redonne du courage d’autant plus que ça descend. L’espoir de sentir le vent sur les joues, d’enchaîner les épingles dans du petit gravillon face à cette falaise de plus de 1000m, sera de courte durée. C’est portage intégral en descente, Sergi tente de rentabiliser en roulant des portions de 10m mais toujours en vain.

Enfin au col, le Vignemale au fond


Debout de descente pleine d'espoire, mais de courte duree


Encore 10m d'herbe qui roulent, il faut profiter

A 19h30, on se venge en établissant notre bivouac à 2000m, un des plus beaux, sous un Vignemale rougissant quand on prend la douche dans le torrent quelque peu rafraîchissant. Au Sud-Est la lune se lève sur les contreforts du canyon d’Ordessa. Ca promet un joli sunrise si on ne se gèle pas cette nuit.


Bivouac face au Vignemale